Après la décroissance initiale de l’achalandage au début de la pandémie, on a constaté une nouvelle hausse des taux d’utilisation en juin 2020. La hausse des visites des banques alimentaires a coïncidé avec la fin de la PCU, le maintien des mesures de confinement et la hausse du chômage découlant de la pandémie. Une grande partie de cette croissance est attribuable à un plus grand nombre de personnes devant effectuer des visites plus fréquentes aux banques alimentaires en raison de l’incidence combinée d’une baisse de revenu et d’une hausse abrupte du coût de la vie.

La hausse des besoins n’a pas été uniforme partout au pays.

En mars 2021, environ 47 % des banques alimentaires ont déclaré une baisse des visites, alors qu’un quart ont constaté des augmentations de l’achalandage de plus de 50 %. Près d’une banque alimentaire du réseau sur sept a vu le nombre de visites plus que doubler au cours des deux dernières années. Le taux de croissance dépendait souvent de la taille du centre urbain où se trouvaient les banques alimentaires.

Depuis 2019, les visites des banques alimentaires ont augmenté de plus de 20 pour cent, avec plus de 1,3 million de visites durant le mois de mars 2021.

spoon fork and plate

house with spoons on it

“LA TEMPÊTE PARFAITE”: LA COMBINAISON EXPLOSIVE DE LA HAUSSE DU PRIX DES ALIMENTS ET DES LOGEMENTS ET DE LA BAISSE DES REVENUS


PETITE HISTOIRE DE DEUX TENDANCES

Les banques alimentaires des grands centres urbains constatent une nouvelle vague de besoin.

Les banques alimentaires des grands centres urbains (100 000 habitants et plus) étaient beaucoup plus susceptibles de voir les besoins augmenter, et 28 pour cent des banques alimentaires de ces régions ont vu le nombre de visites plus que doubler par rapport à 2019.

Les clients de ces régions ont tendance à :

  • avoir besoin d’aide à cause de pertes d’emploi ou de réduction des heures de travail;
  • être issus de communautés racisées;
  • faire partie de ménages biparentaux avec enfants.
Un important besoin sous-jacent persiste dans les petits centres urbains et les régions rurales, alors que les personnes handicapées et les aînés sont aux prises avec une hausse rapide du coût de la vie.

Bien que l’impact économique de la pandémie ait frappé plus violemment les grands centres urbains, on observe depuis longtemps une tendance à l’augmentation du nombre de personnes âgées et handicapées qui fréquentent les banques alimentaires. En plus du fait que la nouvelle vague de besoins est étroitement liée à la hausse du chômage en raison de la pandémie, ceux qui sont moins aptes à travailler ont du mal à joindre les deux bouts en raison de l’augmentation du coût de la nourriture et du logement, alors que les prestations de revenu demeurent faibles par rapport au coût de la vie. Cette tendance à long terme, bien qu’elle soit aussi apparente dans les grands centres urbains, est particulièrement prononcée dans les petits centres et les régions rurales.

Le mélange explosif de la hausse des prix de la nourriture et du logement à une baisse de revenus a amené une véritable tempête faisant croître le nombre de visites dans les banques alimentaires.

Peu importe l’emplacement des banques alimentaires, l’inflation rapide du prix de la nourriture et des coûts du logement, ainsi que les faibles revenus – qu’ils soient liés à de faibles niveaux de prestations, aux pertes d’emplois ou aux deux – ont été les principales raisons citées pour expliquer le recours aux banques alimentaires. Ces facteurs ont aussi augmenté la fréquence du besoin d’avoir recours aux banques alimentaires.


AUTRES CONCLUSIONS

Les enfants représentent un tiers des usagers des banques alimentaires

Bien que le pourcentage d’enfants ayant recours aux banques alimentaires diminue tranquillement, ils sont encore largement surreprésentés par rapport à la population générale. Même si des prestations de soutien du revenu telles que l’Allocation canadienne pour enfants ont été utiles pour amortir l’impact économique de la pandémie, les coûts élevés liés à la subsistance d’une famille, en plus du chômage et de la hausse du coût de la vie, rendent les ménages avec enfants vulnérables à la pauvreté et à la faim.

Aux banques alimentaires.

Les adultes vivant seuls représentent 46 pour cent des personnes visitant les banques alimentaires. Même si des mesures temporaires de soutien du revenu telles que la PCU ont probablement contribué à réduire le nombre d’adultes vivant seuls qui ont recours aux banques alimentaires, bon nombre d’adultes sans emploi vivant seuls ont peu d’autres options que l’aide sociale en matière de soutien du revenu. Les niveaux de revenu des adultes vivant seuls en bénéficiant de l’aide sociale sont extrêmement bas, les situant environ à la moitié du seuil de pauvreté official

Le pourcentage des personnes qui se sont identifiées comme Autochtones qui fréquentent les banques alimentaires a diminué par rapport à 2019.

Les populations autochtones du Canada affichent un taux d’insécurité alimentaire très élevé. Toutefois, le pourcentage de personnes qui ont eu recours aux banques alimentaires s’identifiant comme Autochtones a considérablement diminué depuis 2019; il est passé de 15 à 8 pour cent. Les restrictions découlant du confinement, les prestations de revenu liées à la pandémie et le soutien alimentaire accru dans les réserves ont contribué à la baisse d’utilisation des banques alimentaires par les populations autochtones.

girl eating meal
Les banques alimentaires du pays ont continué à s’adapter à la pandémie en modifiant leurs modèles de services et en permettant un accès plus fréquent aux clients.

Les banques alimentaires ont dû adapter leurs pratiques pour respecter les restrictions de santé publique liées à la pandémie, tout en offrant leur soutien aux clients qui font face à de très hauts niveaux de pauvreté et des revenus plus faibles que jamais. Près de 40 pour cent des banques alimentaires ont mis sur pied des systèmes de livraison à domicile pour être en mesure d’offrir leur soutien aux personnes âgées et aux autres clients vulnérables à la COVID-19. De plus, un grand nombre de banques alimentaires ont indiqué avoir permis une plus grande fréquence de visites mensuelles en raison des besoins grandissants des membres de leurs communautés.