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La bonne nouvelle

Cette année, 1 084 386 visites ont été déclarées dans l’ensemble du réseau de banques alimentaires du Canada en mars 2019. Même si le nombre de visites des banques alimentaires par mois est encore extrêmement élevé, il est inférieur de 1 % à celui de l’an dernier. Cette baisse est attribuable à de solides indicateurs économiques comme les faibles taux de chômage. Lorsque les taux de chômage sont faibles, une plus grande tranche de la population en âge de travailler a généralement accès à un revenu d’emploi, ce qui entraîne une réduction du besoin d’avoir recours à une banque alimentaire.

Le nombre de visites des banques alimentaires est à peu près au même niveau qu’en 2010, alors que les banques alimentaires du pays commençaient à ressentir les effets de la récession de 2008.

Le recours aux banques alimentaires s’est stabilisé cette année, le nombre de visites étant à peu près le même que l’an dernier.

En mars 2019, le nombre de visites aux banques alimentaires était environ au même niveau qu’en 2010. Au lendemain de la récession, les taux de chômage ont atteint un sommet en 2009 et au début de 2010. Pour de nombreuses personnes, les banques alimentaires représentaient un dernier recours après l’indemnité de départ, l’assurance-emploi et l’épuisement des économies. En mars 2011, plus de 1,2 million de visites ont été effectuées dans les banques alimentaires, soit une hausse de 14 % par rapport à l’année précédente. Le nombre de visites est demeuré élevé, puis a diminué graduellement à partir de 2015, et les chiffres se sont stabilisés au cours de la dernière année. Cette baisse correspond à une baisse des taux de chômage au cours de la même période.

Le pourcentage d’enfants qui ont recours aux banques alimentaires diminue lentement et représente maintenant 34,4 % de l’ensemble des clients des banques alimentaires, contre 37,2 % en 2010. L’amélioration de l’économie, combinée aux prestations fédérales et provinciales pour les familles ayant des enfants, a permis d’accroître lentement le revenu de ces ménages et pourrait influer sur ces résultats.

Le nombre d’enfants qui ont recours aux banques alimentaires diminue lentement depuis 2010.


La mauvaise nouvelle

Même si leur pourcentage est à la baisse (34,1 %), les enfants (34,1 %) ayant recours aux banques alimentaires demeurent surreprésentés par rapport à la population générale (19,4 %).

Alors que les enfants de moins de 18 ans représentent actuellement 34,1 % de la population des banques alimentaires, ils sont encore largement surreprésentés par rapport à la population générale, où ils représentent 19,4 % de la population. Les coûts associés à l’éducation des enfants, y compris les frais de garde d’enfants, combinés à l’augmentation des coûts de base comme la nourriture et le loyer, exercent encore une pression considérable sur les ménages avec enfants, ce qui les rend vulnérables à la pauvreté et à la faim.

Alors que les visites retrouvent des niveaux équivalents à ceux de 2010, leur composition a considérablement changé, ce qui indique que certains groupes ne profitent pas de la reprise économique et sont devenus plus vulnérables à la pauvreté et à la faim. Ils comprennent les ménages d’une personne seule et les personnes pour qui des prestations d’un programme provincial pour personnes handicapées ou une pension sont la principale source de revenu. Ces groupes ne sont pas mutuellement exclusifs et se chevauchent souvent.


Ménages d’une personne par rapport aux familles monoparentales

Malgré une reprise économique constante, le pourcentage de ménages comptant une personne sans enfant est passé de 38 % à 48 % dans toutes les banques alimentaires. À l’inverse, les familles monoparentales sont passées de 27,5 % à un peu plus de 18 %. Alors qu’il existe de nombreux avantages fiscaux qui permettent d’augmenter le revenu des ménages avec enfants, les ménages d’une personne ne bénéficient pas de la même gamme d’avantages et doivent souvent compter uniquement sur le niveau extrêmement faible de revenus provenant de l’aide sociale provinciale lorsqu’ils n’ont pas accès à un emploi.

Les personnes qui sont moins susceptibles d’être en mesure de travailler en raison d’une invalidité ou de l’âge de la retraite — celles qui reçoivent une prestation d’un programme provincial pour personnes handicapées ou une pension comme principale source de revenu — sont passées de 21 % en 2010 à plus de 26 % en 2019. Les deux groupes sont aux prises avec une hausse rapide du coût de la vie, ainsi qu’avec l’augmentation des coûts associés à l’accroissement des besoins en soins de santé. Les personnes âgées de 65 ans et plus forment le groupe d’âge qui a connu la hausse la plus rapide de recours aux banques alimentaires. Les personnes qui reçoivent des prestations pour personnes handicapées comme principale source de revenu sont aux prises avec des revenus qui n’ont pas suivi la courbe de l’inflation et qui souvent ne couvrent pas les dépenses de base d’un ménage.

L’augmentation du coût du logement à l’échelle nationale et l’absence de logements à loyer fondé sur le revenu sont des facteurs qui ont aussi contribué à la hausse des demandes pour les banques alimentaires. Le nombre de visites de personnes vivant dans un logement locatif a augmenté par rapport à celui des personnes vivant dans un logement social (loyer fondé sur le revenu).

70 % des clients vivent dans des logements locatifs, une hausse par rapport à 60 % en 2010. Les personnes vivant dans un logement social sont passées de 25,6 % à 14,4 %. Les effets de la montée en flèche des marchés locatifs se sont fait sentir à l’extérieur des régions urbaines et dans les petites villes, et les récents investissements visant à créer des logements à loyer modique n’ont pas encore été en mesure de répondre à la demande massive.

70 % des clients vivent dans des logements locatifs, une hausse par rapport à 60 % en 2010.