La dernière année a certainement été marquée par des difficultés, du stress et des pertes pour de nombreux Canadiens. Des millions de personnes ont perdu leur emploi pratiquement du jour au lendemain et, si certains ont pu reprendre le travail, le retour à la stabilité et à la normalité économique d’avant la pandémie prendra vraisemblablement quelques années.

Toutefois, s’il y a un côté positif à retenir de la première année de la pandémie, c’est que nous avons été témoins en temps réel de ce que Banques alimentaires Canada affirme depuis des années : de bonnes politiques sociales peuvent avoir une incidence importante sur la réduction de l’insécurité alimentaire lorsqu’elles s’attaquent à leurs causes profondes, soit les faibles revenus et la pauvreté.

Comme nos données l’ont indiqué, la mise en oeuvre rapide de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et d’autres mesures de soutien a initialement « aplani la courbe » du recours aux banques alimentaires au début de la pandémie dans de nombreuses régions du pays. Ces nouveaux programmes, qui ne sont plus en vigueur, ont joué un rôle important en permettant à de nombreuses personnes Canada d’avoir un revenu suffisant pour leur subsistance et celle de leur famille.

Au Canada, nous savons que la nourriture ne constitue qu’une petite partie de l’insécurité alimentaire des ménages. Le rôle des banques alimentaires est d’offrir du soutien aux personnes en comblant leurs besoins immédiats. Il y a toutefois une limite à ce qu’elles peuvent faire pour aider les personnes à long terme. Les politiques mises en place par le gouvernement fédéral dans le cadre de la pandémie nous montrent incontestablement que de bonnes politiques publiques favorisant une augmentation des revenus des gens afin de les sortir de la pauvreté sont essentielles à la réduction de l’insécurité alimentaire à long terme.

Le fait que la PCU et d’autres mesures de soutien ont eu un effet aussi important pour atténuer les conséquences potentiellement dévastatrices de la pandémie devrait être souligné et servir de référence pour rebâtir le Canada en mieux.

Avant la pandémie, les banques alimentaires recevaient plus d’un million de visites par mois. Elles étaient déjà au maximum de leur capacité et avaient du mal à répondre aux besoins de leurs communautés. Nous avons maintenant une feuille de route visant à créer une nouvelle normalité où beaucoup moins de Canadiens auront à dépendre d’une banque alimentaire dans l’avenir – et c’est l’occasion de la suivre.

Malheureusement, bon nombre des programmes mis en place au début de la pandémie n’étaient que temporaires et ont déjà pris fin ou seront bientôt éliminés. De nombreux Canadiens, ainsi que les banques alimentaires, appréhendent les mois et les années à venir, car les difficultés économiques sont toujours présentes, même si de nombreux programmes de soutien ont disparu.

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Alors que le pays commence lentement à définir ce à quoi ressemblera notre société après la pandémie, il est particulièrement important de tirer des leçons des politiques qui ont aidé les Canadiens à subvenir à leurs besoins en période difficile.

Il est également important de voir qui est tombé entre les mailles du filet durant cette période, afin de nous aider à offrir un ensemble plus complet de mesures de soutien et d’initiatives pour les personnes les plus démunies. Il s’agit notamment d’examiner plus en détail les raisons pour lesquelles certains facteurs démographiques ont eu des répercussions économiques plus négatives que d’autres.

Par exemple, davantage de membres de communautés autochtones et racisées ont indiqué avoir subi les répercussions financières négatives fortes ou modérées de la COVID-19 que les Canadiens blancs, même lorsque les différences en matière de perte d’emploi, de statut d’immigration, de situation d’emploi avant la pandémie et d’autres caractéristiques démographiques ont été prises en compte

Le Canada a maintenant une occasion à saisir et des choix à faire pour l’avenir. Nous pouvons choisir de revenir à la situation « normale » d’avant la pandémie, où plus d’un million de Canadiens par mois avaient besoin de l’aide d’une banque alimentaire pour joindre les deux bouts, ou saisir l’occasion de bâtir un Canada meilleur qui ne laisse personne pour compte.