1. Bilan-Faim 2018

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RECOMMANDATIONS POLITIQUES

Troisième recommandation :

Soutien accru aux adultes seuls à faible revenu

L’une des tendances les plus marquantes du réseau de banques alimentaires est la croissance du nombre d’adultes seuls qui franchissent nos portes et demandent de l’aide partout au pays. Le pourcentage d’adultes vivant seuls ayant recours aux banques alimentaires a doublé depuis 2001, passant de 30 % des ménages à 45 % en 2018.

Si l’on examine les statistiques économiques stupéfiantes de ce groupe, les raisons qui expliquent ce bond dans le recours au réseau des banques alimentaires sautent aux yeux. En fonction de la mesure de calcul observée, entre 9 % et 13 % des Canadiens peuvent être définis comme ayant de faibles revenus. Selon la mesure fondée sur un panier de consommation (que le gouvernement a déterminée comme nouvelle mesure officielle de la pauvreté), le ratio est à peine supérieur à 1 sur 10. Si nous considérons seulement les personnes vivant seules en âge de travailler, ce chiffre grimpe à 33 %, c’est-à-dire qu’un adulte vivant seul sur trois vit dans la pauvreté.vii

Ce groupe représente à lui seul une population à faible revenu de 1,3 million de personnes. De plus, leur pauvreté est profonde, car les revenus moyens se situent à 50 % sous le seuil de pauvreté. Leurs moyens pour survivre sont donc d’environ 10 000 $ par an.

Compte tenu de ces statistiques, il n’est pas surprenant que près d’un adulte sur cinq connaisse une insécurité alimentaire, et qu’autant de personnes aient besoin de l’aide d’une banque alimentaire pour joindre les deux bouts.viii

Cette tranche de la population, du point de vue des programmes gouvernementaux, a peu d’options vers lesquelles se tourner, et elle semble avoir été largement oubliée par les gouvernements fédéral et provinciaux. Pendant des décennies, les gouvernements ont concentré leurs politiques sur des tranches de population précises, comme les familles et les aînés, mais ont souvent négligé les adultes seuls en âge de travailler en tant que groupe nécessitant des mesures ciblées.

Un grand nombre d’entre eux reçoivent une aide sociale, mais n’arrivent pas à sortir de la pauvreté en raison des mesures de soutien généralement inadéquates et des conditions strictes qui accompagnent ces programmes. Dans l’ensemble, le soutien des gouvernements envers ce groupe de personnes vulnérables a diminué de moitié depuis le milieu des années 1990.ix

Le gouvernement fédéral a récemment augmenté son soutien aux Canadiens à faible revenu qui travaillent en bonifiant l’Allocation canadienne pour les travailleurs. Banques alimentaires Canada a demandé au gouvernement d’adopter ces changements et nous saluons ce pas dans la bonne direction, mais nous avons besoin d’une aide supplémentaire pour ce segment de la population qui a été négligé depuis bien trop longtemps.

Nous recommandons au gouvernement fédéral de mettre en œuvre les mesures suivantes afin de mieux soutenir les adultes seuls à faible revenu :

  • Créer un programme visant à soutenir les Canadiens malades et sans emploi qui sont sur le point de perdre leur assurance-emploi ou assurance-invalidité temporaire. Ce nouveau programme corrigerait une importante lacune de notre filet de sécurité sociale qui ne laisse à ces personnes d’autres choix que de demander l’aide sociale et d’intégrer le cycle de la pauvreté.
  • Considérer les adultes seuls à faible revenu comme une priorité dans toutes les mesures à venir en matière de réduction de la pauvreté afin de veiller à ce que cette population vulnérable ne soit plus oubliée.
  • Mettre en œuvre notre recommandation de revenu de base (voir la section à cet égard dans le rapport) pour abaisser les taux élevés de pauvreté parmi les personnes vivant seuls qui ne sont pas sur le marché du travail.

MANDAT

Faire preuve de leadership à l’échelle nationale pour soulager la faim aujourd’hui et pour prévenir la faim demain, en collaboration avec le réseau des banques alimentaires du Canada. Pour ce faire, nous maximisons l’incidence collective de réseau, renforçons les capacités locales des banques alimentaires et militons pour réduire le besoin de recourir aux banques alimentaires.

vii Food Banks Canada [2016]. Nowhere to Turn, Toronto : Food Banks Canada.
viii V. Tarasuk, A. Mitchell & N. Dachner [2014]. Household food insecurity in Canada, 2014. Toronto: Research to identify policy options to reduce food insecurity (PROOF).
ix B. Murphy, X. Zhang & C. Dionne [2012]. Low income in Canada: A multi-line and multi-index perspective. Statistics Canada.